Les banques

Written on 7 mars 2008 – 15:43 | by admin |

Alors que sur de nombreux marchés étrangers les banques sont des souscripteurs de tout premier plan des emprunts obligataires, les banques françaises interviennent peu à la souscription, et n’ont jusqu’à une période récente constitué que des portefeuilles modestes:

Deux obstacles s’y opposaient:

  • En matière de provisions pour dépréciation de titres, les banques n’ont pas, contrairement aux compagnies d’assurances, la possibilité de se soustraire à cette pratique. Elles peuvent de ce fait être amenées à faire des provisions pesant sur leurs résultats, en couverture de risques qui ne se concrétiseront pas dans la mesure où les titres sont conservés jusqu’à leur remboursement;
  • La politique du crédit revenait à assimiler la détention d’obligations à l’octroi de crédits “encadrés “. Aussi la présence de “colle” ou d’un portefeuille plus volontariste était elle rare. Toutefois, une lacune de la réglementation du crédit avait incité, dès le début des années 1980, certains établissements dits “à fonds de roulement négatif” à constituer des portefeuilles très importants qui leur permettaient tout à la fois de tirer parti du différentiel de taux entre les marchés obligataire et monétaire, et d’engranger des marges en “remuant” du papier (activité de marché gris, rémérés, etc.) dans le cadre d’opérations dont la substance réglementaire n’était pas toujours entièrement stabilisée.

L’avènement de la régulation par les taux, qui supprime la plupart des références précédentes en matière de contrôle quantitatif du crédit ouvre largement la voie aux banques pour la constitution de stocks de titres leur permettant de constituer la base “papier” nécessaire au développement de leurs salles de marché. Les obligations traitées à l’égal des crédits dans le nouveau coefficient de fonds propres et de ressources permanentes sont des emplois de fonds qui n’ont d’autre limite que la sécurité de la gestion, celle ci pouvant, avec un système comptable et administratif performant, et… des décisions opportunes, générer des profits importants sur des volumes énormes, en particulier en période de baisse des taux, mais pas uniquement.

Les banques se trouvent enfin en position d’apporteur de capitaux sur le marché financier soit dans le cadre de l’exécution de leurs engagements visa vis des émetteurs (garantie de bonne fin), soit dans celui d’une activité de banque d’affaires sur le marché des actions, soit enfin dans celui d’une politique de groupe comme toute entreprise. Elles peuvent aussi prendre des participations dans des sociétés parce que cela correspond à un intérêt indirect d’exploitation; c’est ainsi que maints établissements se retrouvent au capital d’organismes cotés ou non, à vocation particulière d’auxiliaire de la profession bancaire.

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