Les comptes gérés
Service rendu à une clientèle disposant d’un patrimoine important, le seuil théorique d’intervention étant de plusieurs millions (seuil souvent abaissé cependant pour tenir compte de la qualité globale de la relation) la gestion de fortune va de la simple prestation de conseil à la gestion mandatée complète et déborde le cadre strict des opérations sur valeurs mobilières, intégrant notamment l’or et l’immobilier.
Les intervenants sur ce marché peuvent être segmentés en plusieurs catégories:
- les grandes banques à réseau pour lesquelles c’est une prestation complémentaire qui contribue à fidéliser une clientèle “haut de gamme” et leur donne l’opportunité de mieux rentabiliser leurs infrastructures commerciales;
- les établissements bancaires spécialisés dont le département gestion de fortune sur lequel repose souvent une bonne part de notoriété de l’intermédiaire, est le fer de lance du développement;
- les acteurs non banques, tels que les sociétés de bourse, les notaires, les experts comptables, ainsi que les gérants ou remisiers ayant statut d’auxiliaires de la profession bancaire.
La réglementation de cette profession encombrée a connu une modernisation attendue avec la loi du 2 août 1989 qui réserve l’activité de gérant de portefeuille à des sociétés anonymes dont les dirigeants doivent justifier de leur honorabilité et de leur expérience professionnelle, qui sont placées sous la tutelle de la COB, et auxquelles sont interdites les opérations pour leur propre compte, la tenue de marchés, la prise ferme et le placement de valeurs mobilières. La disparition de la profession de remisier en mars 1990 est aussi le symbole des nouvelles contraintes d’un métier qui s’exerce aujourd’hui en équipe car il nécessite une connaissance synthétique d’aspects juridiques légaux et fiscaux dans de nombreux pays. Dans les grands établissements, ce cadre rénové appelle à la filialisation du département gestion pour des raisons déontologiques, ou simplement tactiques: gestion plus rationnelle des ressources humaines, clarification des conditions d’accès à la rentabilité, facturation systématique des services rendus.
L’actionnariat des particuliers, qui n’est pas ressenti par tous avec la même force comme une nécessité, a surtout été dopé dans le passé par les mesures fiscales mises au point à son intention par les gouvernements successifs: le compte d’épargne à long terme, la détaxation “Monory “, le compte d’épargne en actions, les abattements sur les dividendes, ou, aujourd’hui, le plan d’épargne populaire.
En attirant vers la bourse de nouvelles couches d’actionnaires, les privatisations ont modifié les termes de l’équation et fait explorer l’actionnariat direct, ouvrant la voie d’un capitalisme populaire souhaité par la puissance publique. Le nombre de Français actionnaires directs est désormais évalué à plus de 6 millions de personnes. Mais, à travers les placements en valeurs mobilières des institutions auxquelles ils ont confié, volontairement ou non, la gestion collective de leurs intérêts, notamment dans le domaine de l’assurance et de la prévoyance, c’est la majeure partie de la population qui est indirectement intéressée à la prospérité du marché financier.