Archive for the ‘Fonctions économiques du marché financier’ Category

Lieu de negociation du risque

Mercredi, février 27th, 2008 |

L’innovation financière rendue possible par la déréglementation des produits et la création de marchés dits ” dérivés” au cours de la décennie 80 a mis en évidence le rôle que joue le marché des capitaux et en particulier le marché financier, dans la gestion par les agents économiques de leurs risques.

Couvrir une exposition au risque, spéculer, procéder à des arbitrages, occupent aujourd’hui nombre d’opérateurs dans les salles de marchés, car l’interconnexion des différents compartiments du marché des capitaux et les variations plus erratiques des cours accentuent l’importance de cette fonction.

Outil concourant a la mutation des structeures industrielles et commerciales

Mercredi, février 27th, 2008 |

En donnant à des sociétés la possibilité de régler, au moyen de leurs titres, l’acquisition d’autres affaires, le marché financier facilite les regroupements d’entreprises.

Créée de longue date, l’industrie française est encore beaucoup trop morcelée même si l’on a enregistré de grandes vagues de fusions et d’absorptions à partir des années 60. Sa restructuration passe par de nouvelles concentrations qui doivent se traduire par des économies d’échelle et des rationalisations au niveau de la production, la mise en Å“uvre de moyens plus importants dans le domaine de la recherche, la mise en place d’une couverture plus large, sur le plan commercial, des marchés étrangers. L’émergence de grands groupes dont l’assise doit être suffisamment forte sur l’hexagone permet à l’économie française d’affronter une concurrence internationale de plus en plus vive et de conquérir une part plus substantielle du marché mondial.

Le marché financier a toujours joué un rôle clé dans ce processus de concentration. Que ces opérations se réalisent à la suite d’un accord entre les sociétés concernées ou qu’elles interviennent contre le gré de l’entreprise qui doit entrer dans l’orbite d’une autre, elles participent en tout état de cause de façon constructive à la mutation des structures industrielles et commerciales du pays. “C’est surtout par la possibilité que la Bourse offre aux sociétés cotées de battre leur propre monnaie qu’elle concourt activement au financement du haut de bilan, c’est à dire lorsque l’achat de filiales, ou la simple prise de participation, au lieu d’être payé en argent liquide, l’est par remise d’actions de la société acheteuse ou absorbante” (Y. Flornoy).

Si le marché financier facilite ainsi certains processus de concentration, le succès de ces opérations présente parfois pour la bourse un caractère auto destructeur, une fois l’opération réalisée: diminution du flottant, perte de l’espoir d’une plus value à l’occasion d’une bataille boursière, politique de résultats et de distribution tournée désormais davantage vers le groupe de contrôle que vers le marché. A la limite la société est même radiée de la cote. Aussi import et il que le marché financier sache attirer des candidats de remplacement, comme il a très bien su le faire après les différentes nationalisations.

Instrument de mesure de la valeur des actifs

Mercredi, février 27th, 2008 |

En affichant à chaque séance de bourse un cours pour une action donnée, le marché financier est un instrument de mesure irremplaçable de la valeur d’une entreprise ayant atteint une certaine dimension.

L’information donnée aux investisseurs présente de nombreux avantages: elle est régulière (près de 250 fois par an), publique et largement diffusée via des média spécialisés ou non.

A contrario cette approche s’inscrit dans un contexte boursier très sensible à l’évolution de l’environnement politique, économique, social et international: elle peut donc à certains moments pécher, par défaut ou par excès, dans l’estimation de la valeur d’une société. En outre elle tient compte de la cote d’amour ou de méfiance que les professionnels attachent à telle ou telle affaire. Enfin, elle reflète le plus souvent la valeur du titre unitaire, non celle d’une majorité.

Quoi qu’il en soit, la cotation boursière constitue à côté des autres techniques d’évaluation des entreprises (analyse des bilans, expertises de l’outil de production, du fonds de commerce, des perspectives de la firme sur son marché) une approche d’un accès facile et reconnu par la communauté bancaire, le monde de l’industrie et l’administration fiscale.

Son grand mérite est d’anticiper la valeur à moyen terme des entreprises en formulant des hypothèses sur leur devenir. De plus le processus d’évaluation est satisfaisant car contradictoire en ce sens que l’ensemble des intervenants ne fait pas à un instant donné les mêmes anticipations.

En fixant à tout moment le prix d’une société, le marché financier apparaît comme l’une des pierres angulaires d’un capitalisme fondé sur la notion même de marché.

Moyen d’organiser la liquidite de l’epargne investie a long terme

Mercredi, février 27th, 2008 |

La seconde fonction du marché financier, complémentaire de la première, consiste à prémunir contre le risque d’immobilisation une épargne qui hésiterait à s’engager si elle n’était rassurée sur sa faculté de redevenir liquide.

En permettant l’ajustement de l’offre et de la demande des titres, les mécanismes boursiers répondent à cette attente. En effet, les placements sur le marché financier présentent par rapport à d’autres types d’investissement, notamment en actifs réels, l’avantage d’être, en principe, immédiatement mobilisables le détenteur d’un titre coté en bourse a ipso facto la possibilité de le vendre à un autre investisseur.

La liquidité du marché d’un titre suppose que les intervenants soient en mesure de trouver une contrepartie à leurs opérations. Or, cela n’est possible que dans la mesure où le marché est suffisamment large: il faut dès lors qu’il existe une quantité importante de titres en circulation mis à la disposition du public (” flottant”) et que le volume quotidien des transactions soit assez étoffé pour permettre des échanges qui n’entraînent pas systématiquement des fluctuations erratiques des cours.

La liquidité générale du marché est classiquement facilitée par le rôle tenu par certains investisseurs institutionnels telle la Caisse des Dépôts. Disposant d’importants portefeuilles de titres français et d’excédents structurels de trésorerie, ils sont en mesure d’assainir rapidement un marché perturbé par une surabondance de liquidités ou un excès de titres.

La mise en place progressive de la fonction de contre partisse contribue également, au moins dans des circonstances normales de marché, à améliorer la liquidité de celui ci.

Sur un marché financier, le risque de liquidité est toutefois d’autant plus important que les opérateurs sont concentrés et les valeurs traitées peu nombreuses ou présentant des caractères homogènes. Aussi, l’institutionnalisation des marchés génère t elle davantage de volatilité.

Cicuit de financement de l’economie nationale

Mercredi, février 27th, 2008 |

La fonction première du marché financier est de drainer une partie de l’épargne en vue de contribuer au financement de l’économie nationale: collectant des capitaux auprès des agents économiques qui disposent de capacités de financement, le marché financier procure aux entreprises et aux administrations publiques des ressources longues, il facilite la croissance des sociétés et confère à l’Etat des moyens supplémentaires pour mener à bien sa politique dans les domaines économique et social.

Le marché financier participe au financement des investissements des entreprises, même si son râlé est loin d’être exclusif ou dominant. Sa contribution, longtemps modeste au regard de celle du système bancaire, ne saurait être tenue pour secondaire:

  • l’apport qu’il représente est en progression constante dans un contexte macro économique ayant comporté plusieurs phases très contrastées;
  • les capitaux qu’il collecte constituent des financements à long terme dont l’importance est essentielle dans un pays comme la France où l’autofinancement est sensiblement inférieur à ce qu’il est à l’étranger;
  • enfin le marché financier établit un circuit quasiment direct entre l’épargnant qui désire placer ses capitaux et l’investisseur qui a besoin de ces capitaux. L’émetteur d’actions ou d’obligations a certes recours aux services d’intermédiaires financiers mais ceux ci ne font que mettre en rapport épargnants et investisseurs, sans s’interposer entre eux tel un écran comme c’est le cas lorsqu’une banque reçoit des dépôts du public pour les redistribuer ensuite sous forme de prêts. Ainsi le marché financier est il par excellence le circuit court entre l’épargne et l’investissement.

En second lieu le marché financier fournit à l’Etat et aux administrations publiques les moyens financiers indispensables à la concrétisation des projets d’investissement ou de redéploiement et à la régulation des finances publiques (déficit budgétaire).

Le recours au marché financier est une des conditions évidentes d’un financement équilibré de la croissance. Seuls les grands pays industrialisés disposent d’un marché financier puissant et attrayant.

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