Archive for the ‘Marché financier Français’ Category
Mercredi, février 27th, 2008 |
L’évolution des transactions à la Bourse de Paris depuis 1977 (cf. tableau) reflète l’intérêt porté par les opérateurs au marché. Toutefois, l’interprétation des données doit ici être menée avec une prudence particulière en raison de l’explosion des opérations de trading, qui se caractérisent par de nombreux échanges entre intermédiaires sur un même bloc de titres avant son classement final chez un investisseur, grossissant par là même de façon quelque peu discutable les statistiques de place.
Jusqu’en 1977, les transactions annuelles sont faibles (moins de 50 milliards) et sensiblement équivalentes entre actions et obligations.
A partir de 1978 (Loi Monory) le marché parisien explose: les transactions totales vont décupler de 1978 à 1985 pour atteindre 883,8 milliards et encore quadrupler pour ressortir à 3 880,3 milliards en 1988.
Moteur de cette explosion, le marché des obligations connaît un taux de progression de ses échanges spectaculaire (de 38,7 milliards en 1978 à 3 427,2 milliards en 1988).
Pour leur part les transactions sur le marché des actions enregistrent un développement considérable, passant de 46,5 milliards en 1978 à 453,2 milliards en 1988 après avoir frôlé les 600 milliards l’année du krach d’octobre.
Après cette envolée, l’année 1989 apparaît à bien des égards comme un exercice de consolidation.
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Mercredi, février 27th, 2008 |
La capitalisation des bourses françaises (Paris et les six places régionales) dépend des deux paramètres que sont le volume des titres en circulation et l’évolution des cours, eux mêmes liés directement ou indirectement à celle des taux d’intérêt.
Le développement des émissions obligataires dans un contexte de baisse des taux (1979 à 1981 faisant exception) s’est traduit par une spectaculaire progression, année après année, de la capitalisation des valeurs à revenu fixe qui double tous les trois ou quatre ans au cours de la période.
Moins affectée par le marché primaire, la capitalisation des valeurs à revenu variable intègre et amplifie l’événement ou la décision politique: remontée des cours après les législatives de 1978 dans la foulée de la loi Monory, chute brutale à l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981, prolongée par les radiations consécutives aux nationalisations de 1982, reprise spectaculaire en 1983 suivie d’une hausse quasiment ininterrompue pendant trois ans. Le haut niveau des cours, les apports de capitaux sur le marché primaire et le début des privatisations concourent à établir des records en 1986. La cassure de l’automne 1987 montre une nouvelle fois la corrélation entre les taux d’intérêt et les cours des actions; son impact à moyen terme est moins important qu’on ne l’avait redouté à chaud.
Le montant de la capitalisation boursière des valeurs est un miroir grossissant de l’intérêt économique du marché secondaire dans la mesure où:
- la cotation simultanée d’une société mère et de sa filiale conduit à additionner des actifs au lieu de les consolider;
- une part significative du capital des sociétés a vocation à rester durablement immobilisée dans les portefeuilles dès lors qu’elle concourt à obtenir le contrôle de la société. Seule la part détenue par le public (”flottant”) s’échange en bourse régulièrement;
- certains emprunts obligataires sont gelés dans des portefeuilles institutionnels.
Dans ces conditions, l’analyse de la capitalisation boursière est complétée utilement par celle des transactions.
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Mercredi, février 27th, 2008 |
La contribution croissante des émissions brutes de valeurs mobilières au financement de l’économie concerne, par vagues successives tous types de produits et de sociétés. Tirée d’abord par les obligations, elle est relayée à partir de 1985 par une véritable résurrection du marché primaire des actions.
Actions et certificats d’investissement
Tout en tenant leur place dans la progression générale, les émissions d’actions restent dans un premier temps modestes en comparaison des émissions d’obligations. Ce sont d’ailleurs les opérations sans appel public à l’épargne qui font l’essentiel de la croissance des volumes, accompagnées par quelques grosses opérations publiques à partir de 1983.
L’année 1985 marque une accélération du processus, qui conduit en deux ans au doublement des capitaux, permettant aux actions d’atteindre une part inégalée de près de 30% du total des émissions. A l’origine de cette explosion figurent notamment l’émission de certificats d’investissements par plusieurs sociétés privatisables et le renforcement des fonds propres des grands groupes: une dizaine d’opérations d’un montant unitaire très élevé représentent en effet chaque année plus de la moitié des capitaux levés. Même s’il s’agit aussi d’une tendance de fond affectant des sociétés de moindre envergure, une part notable des émissions sans appel public à l’épargne repose également sur des sociétés de très grande taille. Qu’elles soient publiques ou fermées, les opérations supérieures à un milliard de francs sont désormais courantes.
Le krach boursier de 1987 ramènera pour un temps les opérations publiques à un niveau inférieur sans affecter cependant la progression régulière des émissions sans appel public à l’épargne.
Obligations et titres participatifs
Les émissions obligataires connaissent une progression particulièrement forte de 1979 à 1985. Ce phénomène trouve son origine dans quatre directions:
- l’appel du Trésor public au marché pour financer un déficit budgétaire important;
- la nécessité pour les services publics de trouver des capitaux longs pour couvrir les investissements et pertes d’exploitation;
- l’obligation pour les banques d’emprunter sur le marché dans la mesure où les normes de l’encadrement du crédit ne leur permettent pas de satisfaire l’intégralité des besoins de leur clientèle;
- le succès de nouveaux produits, tels que les titres participatifs, adoptés par les nouvelles entreprises industrielles du secteur public dès 1983, les banques AFB en 1984, les banques mutualistes et coopératives à partir de 1985.
L’année 1986 constitue un point d’inflexion: la part de l’Etat culmine à près de la moitié du total des émissions, alors que la nouvelle politique monétaire rend moins indispensable le recours des banques et institutions financières au marché obligataire au profit des certificats d’investissement. Le secteur industriel et commercial voit lui aussi sa part régresser tandis que les services publics progressent fortement. Enfin, les émissions nettes, après avoir connu depuis 1982 des taux de progression supérieurs à 25% n’augmentent que de 8%, marquant ainsi un pallier, voire un début d’essoufflement du marché, soucieux à la fois de digérer la croissance passée, mais aussi de retrouver une meilleure visibilité sur les taux. Dès lors, le marché devient pour une large part un marché de renouvellement caractérisé par le recyclage des intérêts versés et des amortissements.
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