Principe des marchés a termes de taux d’intérêt

Written on 10 mars 2008 – 15:14 | by admin |

Les marchés à terme de taux d’intérêt offrent la possibilité d’acheter ou de vendre à terme, en pratique sur des échéances mensuelles ou trimestrielles, des “contrats” différenciés selon leur nature (court ou long terme) et leurs supports (effets publics, papiers hypothécaires, effets bancaires).

Notion de contrat

“Un contrat sur un taux d’intérêt est un engagement de livrer ou de prendre livraison d’un montant standard, à une date future, également standardisée, d’un actif monétaire ou financier d’une certaine durée, et qui restera productif d’un taux d’intérêt fixé par le marché a la date à laquelle le contrat est conclu” (D. Peynot).

Cette technique s’inspire des procédés utilisés de longue date sur les marchés à terme de matières premières, et plus récemment sur les devises.

Un contrat permet de prendre position sur la tendance du taux concerné entre la date de conclusion et sa date d’échéance:

une anticipation à la baisse se traduira par l’achat de contrats qui, de fait, se valorisent au fur et à mesure de la réalisation de celle ci,

une anticipation à la hausse se concrétisera, inversement, par la vente de contrats qui pourraient ensuite être rachetés à un prix inférieur au fur et à mesure de l’élévation du taux.

Coté quotidiennement, le contrat est un actif théorique, représentatif d’un actif financier réel (ou “physique”) dont il retrace la valeur sur le marché secondaire, et qui est susceptible exceptionnellement d’être livré par le vendeur à l’échéance du contrat, en exécution de ses obligations. L’éventualité d’une livraison effective à l’échéance justifie la corrélation des cours pendant la vie du contrat, et l’unicité de prix à son échéance lorsque le contrat est assimilable à un actif (ou un panier homogène d’actifs) physique.

A l’instar d’un marché à terme d’actifs physiques, un marché de contrats permet de répondre à deux types de besoins de nature opposée:

couverture d’un risque de taux,

spéculation sur les taux.

Il nécessite en outre la présence d’arbitragistes actifs indispensables à la liquidité et au lissage des évolutions de cours.

Enfin le règlement n’intervenant qu’à l’échéance, il suffit d’un faible dépôt de garantie (quelques pour cent). Il est ainsi possible d’opérer sur des volumes très importants sans immobiliser la trésorerie correspondante.

Un marché de contrats va cependant se différencier d’autres marchés à terme classiques:

sur un marché monétaire interbancaire n’interviennent que les banques et quelques entreprises: le marché à terme des taux d’intérêt autorise un élargissement du nombre des intervenants,

Si la prévision effectuée suries sens des taux se réalise, la marge dégagée par l’achat à son échéance du contrat vendu aujourd’hui assurera la compensation souhaitée. En cas d’erreur, l’avantage retiré de la baisse des taux sur l’opération de base (portefeuille, créance ou dette “physique “) sera annulé par la perte constatée sur le contrat.

Symétriquement, seront acheteurs de contrats les opérateurs s’attendant à une baisse (long hedgers):

investisseurs désireux de préserver les taux de rendement constatés aujourd’hui alors qu’ils ne disposent de capitaux ultérieurement (encaissement de primes par les compagnies d’assurances par exemple);

emprunteurs à taux fixe cherchant à alléger le service de leur dette;

prêteurs à taux variable soucieux de compenser la diminution de leurs revenus.

On notera que le marché à terme ne reflète pas toujours l’évolution du marché au comptant, phénomène connu sous le nom de risque de base.

Le mécanisme des couvertures et des marges constitue l’originalité des marchés à terme d’instruments financiers.

Le “deposit” ou marge d’origine représente une fraction de la valeur du contrat qui est appelée le jour de sa négociation. Chaque jour, ensuite, en fonction de l’évolution du cours du contrat, un complément de marge peut être sollicité ou un remboursement intervenir. Les marges sont en effet valorisées quotidiennement et la différence avec la marge d’origine donne lieu à un règlement financier quotidien.

Ce mécanisme est bien entendu, par l’effet de levier qu’il comporte sur le capital investi, éminemment favorable à la spéculation avec les espoirs de gain aussi avec les risques qu’elle sous tend.

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