Rendre compatibles progrés et sécurité
A la suite de la crise boursière de l’automne 1987, de nombreuses voix s’étaient élevées pour stigmatiser le rôle déstabilisateur joué par les marchés à terme qui accentuent la volatilité des marchés et en aggravent les risques.
Tout en reconnaissant que les techniques nouvelles développées sur les marchés financiers avaient pu révéler des déséquilibres qui existaient déjà , la commission de réflexion sur les marchés à terme (Commission Deguen) devait fournir début 1988 un diagnostic nuancé en soulignant la primauté de l’objectif de faire de Paris la première place financière d’Europe continentale, face à une concurrence internationale très rude.
L’observation des différents marchés ne permet pas d’évaluer une différence significative en octobre 1987 entre ceux qui étaient dotés d’instruments à terme et ceux qui ne l’étaient pas. En revanche, l’arbitrage entre le comptant et le terme peut être gêné par l’impossibilité d’emprunter des titres et l’utilisation de programmes automatiques de couverture des positions peut accentuer des évolutions de marché en période de crise. Aussi la Commission Deguen recommandera t elle:
- de développer les marchés à terme organisés,
- de renforcer la surface financière et la surveillance des opérateurs,
- d’encadrer avec soin les interventions de différentes catégories d’intervenants, notamment les OPCVM,
- de compléter et adapter les règles comptables.
Cette exigence de progrès trouve aujourd’hui sa satisfaction à travers l’ensemble des mesures et pratiques qui régissent la place primauté du MATIF sur toute autre initiative privée, renforcement des fonds propres des intervenants, concentration de la puissance financière des opérateurs et mise en place de dispositifs plus rigoureux de surveillance interne. Peut on néanmoins être complètement rassuré alors même que la place de Chicago, rodée de longue date à ces opérations, n’échappe pas à certaines critiques qui reviennent périodiquement? Il reste que si la défaillance d’un intervenant reste toujours possible, la sécurité de la place ne paraît pas aujourd’hui en danger, même si le volume des positions jugées ouvertes  indicateur de vitalité au moins aussi important que le nombre de contrats traités  paraît parfois bien important par rapport aux fonds propres de la chambre de compensation.