Les banques et sociétés financières

Written on 4 mars 2008 – 11:27 | by admin |

Ces émetteurs sont venus sur le marché, soit directement, soit, en ce qui concerne les réseaux mutualistes, par le truchement de leur organe central (Caisse Nationale de Crédit Agricole, Caisse Centrale des Banques Populaires, Caisse Centrale de Crédit Coopératif, Caisse Centrale du Crédit Mutuel) soit, pour les établissements de taille plus modeste, par l’intermédiaire de groupements.

La ruée des banques et des sociétés financières sur le marché obligataire a été constante jusqu’au milieu des années 80, à tel point qu’au cours de certaines périodes, des files d’attente spécifiques ont dû être imposées à ces catégories d’émetteurs, faute de quoi ils auraient monopolisé le calendrier.

Sans commune mesure avec celui de leurs investissements, le volume des emprunts des établissements de crédit correspondait essentiellement à un double impératif de gestion:

accroître leur capacité de distribution de crédit en période de contrôle quantitatif de celui ci. On sait que l’encadrement du crédit pratiqué en France jusqu’à fin 1986 comme instrument privilégié de la politique monétaire, contenait de façon stricte les taux de progression des encours des banques et sociétés financières, par l’institution d’un système de pénalisation très progressif en cas de dépassement. Cependant, le renforcement des capitaux permanents de la banque l’autorisait à consentir des concours supplémentaires. De ce fait, les emprunts obligataires ont été appréciés car ils permettaient de desserrer l’étau de l’encadrement. Toutefois, le produit de ces émissions n’étant par la suite retenu à ce titre que pour une quotité inférieure à 100 % alors qu’une augmentation de capital ou l’émission d’un titre participatif ouvrait davantage de possibilités au regard de la distribution du crédit, c’est vers cette dernière formule que se sont orientées les préférences des établissements.

Le développement des emplois à moyen et long terme qui constitue même pour certains établissements (crédit bail; crédit immobilier en particulier) l’essentiel de l’activité justifie la recherche de ressources permettant un équilibre en durée et en taux.

Cette politique systématique d’endettement de la part des banques n’est pas sans causer soucis de gestion:

le coût de la dette est élevé. La quête de ressources obligataires ne se justifie durablement que dans la mesure où les concours supplémentaires qu’elles induiront seront eux mêmes facturés de telle sorte qu’une marge positive se dégage de l’opération. Or, les renégociations de taux, notamment ceux des crédits immobiliers à partir du second semestre 1986, devaient partiellement annihiler la politique d’adossement de taux menée par les banques les années précédentes;

l’endettement à long terme fait courir un risque de ” détransformation” et un risque de taux, aux établissements qui y ont recours essentiellement pour des raisons de désencadrement et dont la durée de vie des emplois et leur mode de rémunération sont divergents de ceux des ressources obligataires collectées. Si les emplois clientèle ne permettent un tel ajustement, des opérations de trésorerie peuvent cependant supprimer le risque, mais en extériorisant une marge négative.

Au fur et à mesure que les emprunts à taux variables se développent, que de nouveaux produits obligataires apparaissent, et que la gestion et les instruments de couverture du risque de taux s’affinent, l’adéquation entre ce que recherche le marché et ce que souhaite l’émetteur banquier peut se réaliser de mieux en mieux.

Les emprunts des banques et sociétés financières constituent les gros bataillons des émissions de seconde catégorie et échappent souvent aux formules classiques de syndication soit qu’il s’agisse de l’émission d’une grande banque plaçant l’essentiel des titres dans sa clientèle, soit qu’il s’agisse d’un emprunt monétaire placé entre quelques mains à des conditions particulières (emprunts dits “contrôlés” ou “tenus”).

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