Interdépendance des marchés de capitaux
“La distinction entre les divers marchés de capitaux ne doit pas être tenue pour radicale. Elle repose sur un critère simple : celui de la durée de l’opération de crédit, qui se rattache en fin de compte, comme l’a montré Charles Rist, à la nature des fonds prêtés: épargne réserve en attente sur le marché monétaire, épargne créatrice obtenue après répartition du revenu entre les diverses catégories de dépenses” (R. Barre).
Dans la pratique de nombreuses opérations ont toujours chevauché les marchés et une intercommunication constante se manifeste entre eux pour plusieurs raisons:
- l’objet des transactions sur les divers marchés est le même: “en fait la même substance se négocie sur chaque marché: le capital. Les emplois répondent aussi au même but: le financement de l’économie. Aussi le mécanisme réel des deux marchés révèle t il, malgré les conditions différentes de leur technique, des empiètements constants de l’un sur le terrain de l’autre et des confusions continuelles de leurs fonctions théoriques” (M.H. Laufenburger);
certaines opérations classiquement réalisent cette intercommunication:
- les avances bancaires en compte courant renouvelées,
- le report en bourse,
- les arbitrages entre deux marchés (investissement des dépôts bancaires sur le marché financier si les taux obligataires sont très attrayants, ou à l’inverse détournement de l’épargne du marché financier lorsque les banques versent des intérêts élevés sur les dépôts ou lorsque les opérateurs escomptent la hausse des taux obligataires),
- l’exemple le plus marquant est celui de la croissance des SICAV et FCP “court terme” (de trésorerie) qui constitue un important facteur d’animation du marché obligataire;
- les modifications de la situation sur l’un des marchés tendent à se répercuter sur l’autre. Ainsi, à titre d’exemple, l’accroissement du crédit à court terme est susceptible d’augmenter le volume des revenus disponibles et de permettre un développement de l’épargne en vue de l’investissement à long terme, ou de limiter l’impact d’une dépression boursière;
- enfin l’Etat, lorsqu’il ne peut trouver sur le marché financier les capitaux qui lui sont nécessaires, recourt au marché de capitaux à court terme en comptant sur le renouvellement des prêts qui lui sont accordés.
“S’il n’y a jamais confusion des marchés (elle serait dangereuse pour la liquidité des banques et la spécialisation bancaire conduit à l’exclure), il y a entre eux une interdépendance” (R. Barre).
Le visage multiforme des interventions de la Caisse des Dépôts illustre parfaitement, depuis des décennies, les communications qui s’établissent nécessairement entre les différents marchés de capitaux. Mais les “passerelles “, autrefois cas d’espèce, trait d’originalité ou source d’inquiétude, sont aujourd’hui généralisées.