Emissions du marché financier

Written on 27 février 2008 – 16:53 | by admin |

La contribution croissante des émissions brutes de valeurs mobilières au financement de l’économie concerne, par vagues successives tous types de produits et de sociétés. Tirée d’abord par les obligations, elle est relayée à partir de 1985 par une véritable résurrection du marché primaire des actions.

Actions et certificats d’investissement

Tout en tenant leur place dans la progression générale, les émissions d’actions restent dans un premier temps modestes en comparaison des émissions d’obligations. Ce sont d’ailleurs les opérations sans appel public à l’épargne qui font l’essentiel de la croissance des volumes, accompagnées par quelques grosses opérations publiques à partir de 1983.

L’année 1985 marque une accélération du processus, qui conduit en deux ans au doublement des capitaux, permettant aux actions d’atteindre une part inégalée de près de 30% du total des émissions. A l’origine de cette explosion figurent notamment l’émission de certificats d’investissements par plusieurs sociétés privatisables et le renforcement des fonds propres des grands groupes: une dizaine d’opérations d’un montant unitaire très élevé représentent en effet chaque année plus de la moitié des capitaux levés. Même s’il s’agit aussi d’une tendance de fond affectant des sociétés de moindre envergure, une part notable des émissions sans appel public à l’épargne repose également sur des sociétés de très grande taille. Qu’elles soient publiques ou fermées, les opérations supérieures à un milliard de francs sont désormais courantes.

Le krach boursier de 1987 ramènera pour un temps les opérations publiques à un niveau inférieur sans affecter cependant la progression régulière des émissions sans appel public à l’épargne.

Obligations et titres participatifs

Les émissions obligataires connaissent une progression particulièrement forte de 1979 à 1985. Ce phénomène trouve son origine dans quatre directions:

  • l’appel du Trésor public au marché pour financer un déficit budgétaire important;
  • la nécessité pour les services publics de trouver des capitaux longs pour couvrir les investissements et pertes d’exploitation;
  • l’obligation pour les banques d’emprunter sur le marché dans la mesure où les normes de l’encadrement du crédit ne leur permettent pas de satisfaire l’intégralité des besoins de leur clientèle;
  • le succès de nouveaux produits, tels que les titres participatifs, adoptés par les nouvelles entreprises industrielles du secteur public dès 1983, les banques AFB en 1984, les banques mutualistes et coopératives à partir de 1985.

L’année 1986 constitue un point d’inflexion: la part de l’Etat culmine à près de la moitié du total des émissions, alors que la nouvelle politique monétaire rend moins indispensable le recours des banques et institutions financières au marché obligataire au profit des certificats d’investissement. Le secteur industriel et commercial voit lui aussi sa part régresser tandis que les services publics progressent fortement. Enfin, les émissions nettes, après avoir connu depuis 1982 des taux de progression supérieurs à 25% n’augmentent que de 8%, marquant ainsi un pallier, voire un début d’essoufflement du marché, soucieux à la fois de digérer la croissance passée, mais aussi de retrouver une meilleure visibilité sur les taux. Dès lors, le marché devient pour une large part un marché de renouvellement caractérisé par le recyclage des intérêts versés et des amortissements.

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