Typologie des OPCVM
Sans s’écarter sensiblement de la nomenclature officielle, la typologie plus succincte proposée ci dessous met essentiellement l’accent sur les spécifiques liées à la répartition des actifs.
OPCVM “valeurs diversifiées”
Ces instruments peuvent être investis en fonction des préférences de leur gérant. Toutefois, un certain nombre d’entre elles ont introduit dans leurs statuts l’obligation de conserver 50% au moins de valeurs françaises, ce qui limite dans une certaine mesure la liberté de gestion mais rassure le petit épargnant auquel elles sont davantage destinées et surtout élargit la base de clientèle à certains institutionnels.
Considérée davantage comme un outil de gestion à moyen ou long terme, cette catégorie, composée généralement de grosse SICAV, n’offre sans doute pas les rendements les plus brillants du marché, mais privilégie la sécurité.
OPCVM “obligations diversifiées”
Leur succès résulte de la difficulté de gérer un portefeuille d’obligations sans prendre au moins un risque sur le rendement, même si l’on conserve les titres jusqu’à leur maturité. Les porteurs sont déchargés du souci de la gestion, bénéficient d’une liquidité de tous les instants qu’ils n’obtiendraient pas toujours dans des conditions satisfaisantes avec un portefeuille direct, et prennent position indirectement sur les marchés étrangers ou euro obligataire, pour une part de leurs avoirs.
OPCVM “valeurs françaises spécialisées”
Il s’agit ici par exemple de rechercher, avec les obligations convertibles, une certaine plus value tout en diversifiant le risque sur l’émetteur. L’instrument est plus spéculatif que l’OPCVM “obligations” classique mais possède en contrepartie un potentiel de performances plus important.
On peut encore citer l’exemple de portefeuilles composés pour l’essentiel de titres participatifs. Peu nombreux dans la mesure où le placement des titres participatifs s’est effectué auprès d’une clientèle institutionnelle qui en était friande, les OPCVM spécialisés de cette nature présentent un intérêt eu égard à la complexité du produit et aux modalités différentes retenues selon les émissions. Ils permettent ainsi aux porteurs de bénéficier de leurs caractéristiques d’emprunt indexé tout en limitant leur risque.
OPCVM “obligations étrangères”
Incontestablement, il s’agit de la catégorie la plus risquée. En effet, les investissements en obligations étrangères supportent tout à la fois l’incidence du cours de change, de l’évolution des taux d’intérêt à l’étranger, et autrefois, des variations de la prime constatée sur le marché de la devise titre. Aussi, la valeur liquidative de ces OPCVM subit elle d’amples fluctuations.
OPCVM “actions étrangères”
Ils présentent les mêmes caractéristiques que les précédents, mais investissent sur les marchés d’actions qui sont sans doute encore plus difficiles à étudier pour les non spécialistes.
OPCVM “foncières et immobilières”
Orientés vers des valeurs à caractère défensif (Su, Sicomi, foncières) ils conviennent tout particulièrement aux épargnants prudents et peuvent être intégrées dans un fonds de portefeuille.
OPCVM “Monory CEA”
Ils ont permis de bénéficier des avantages fiscaux précités de la Loi Monory, puis du CEA. Pour répondre à cette définition, ils doivent détenir 60% au moins de leurs actifs en actions françaises. Figurent notamment dans cette catégorie les SICAV des grands réseaux.
C’est dire l’importance de l’impact sur le marché des décisions prises par les gérants des principales d’entre elles, et le risque qu’elles font peser sur l’évolution des cours lorsqu’elles interviennent en même temps et dans le même sens sur certains titres ou certaines catégories de valeurs. La disparition des avantages fiscaux qui étaient à l’origine de leur création et de leur développement les amène aujourd’hui à réfléchir sur l’inflexion de leur gestion.
OPVCM “court terme” (de trésorerie)
A l’instar du succès des “money market funds” aux Etats Unis, lié à la “Q Regulation” (limitation des intérêts créditeurs), l’essor des SICAV court terme est intervenu en France, à la suite de la décision du Conseil National du Crédit du 4 septembre 1981 maintenant la liberté des taux pour les seuls emplois en compte bloqué d’un montant supérieur à 500 000 F et d’une durée excédant six mois.
“Le “miel” de la baisse des taux, savamment distillé par l’autorité responsable du calendrier des émissions, n’a pas peu contribué au transfert de l’épargne à très court terme, monétaire ou bancaire, vers l’investissement en obligations.” (Y. Flornoy).
Caractérisées par des droits d’entrée et des droits de sortie faibles, voire nuls, les SICAV “court terme” permettent à l’investisseur de réaliser des opérations de courte durée sans être pénalisé dans son rendement par l’incidence du courtage. En outre, la diversification du portefeuille obligataire de la SICAV en lisse le risque boursier qui est présent même sur les titres à taux variable, comme on l’a vu en examinant leurs conditions d’émission.
Les SICAV court terme utilisent largement titres du nouveau marché monétaire, obligations à taux variables, titres à taux fixe de faible durée peu volatiles. Toutefois leur politique de gestion n’est pas homogène.
Ainsi, elles sont plus particulièrement concernées par l’action menée sous l’égide de la Commission des Opérations de Bourse en vue d’améliorer la qualité de l’information des souscripteurs. A cet effet, leurs gérants, outre
les indications souhaitées sur la durée minimale de placement recommandée, et la dominante fiscale du produit, sont invités, depuis 1985, en ce qui concerne les caractéristiques de la gestion poursuivie, à classer leur établissement sous l’une ou l’autre des rubriques suivantes:
- “monétaire” (sans risque en capital en principe),
- “priorité à la régularité de l’évolution de la valeur liquidative “,
- “sensibilité de la valeur liquidative aux variations de cours de bourse “.
En effet, avec la diversification croissante de la structure des émissions, le développement des opérations de réméré et de MATIF, la simple lecture de la composition d’un portefeuille n’est plus suffisante pour apprécier le degré de risque qu’il comporte.
La publication de ce type d’information, sous la responsabilité du gérant, constitue un progrès non négligeable vers la “transparence” des OPCVM, même s’il existe d’ores et déjà sur la place, des tables fondées sur l’analyse rétrospective des valeurs liquidatives permettant une hiérarchisation beaucoup plus fine des instruments en compétition à travers les critères précités.
Les SICAV de trésorerie sont des produits de marché et ne sauraient garantir un taux de rémunération pour l’avenir. Le classement relatif de chacune, en terme de performance, est essentiellement un indicateur du type de gestion pratiqué et ne saurait être considéré comme un palmarès sanctionnant la qualité du gérant. En fait, selon son tempérament, la durée de son investissement, la plus ou moins grande certitude sur la date de sortie, l’investisseur choisira le véhicule le plus performant, ou le plus régulier sur une période mensuelle, ou le moins sensible aux variations quotidiennes, etc.
Pour conclure, l’investissement dans les OPCVM n’est pas à l’abri de tout inconvénient:
- l’obligation d’information du porteur sur la composition du portefeuille lui permet d’obtenir une information trimestrielle sur son évolution; cette connaissance n’est acquise qu’après un certain retard, compte tenu des délais d’impression et de diffusion de tels documents. De ce fait l’actionnaire doit accorder une large confiance au gestionnaire;
- la surface financière très importante de certaines SICAV leur interdit, pour éviter la multiplication de leurs lignes, de s’intéresser à des valeurs à faible flottant, et ne leur permet pas toujours d’épouser les opportunités de marché avec la souplesse voulue.