Les emprunts à bons de souscription (Warrants) d’obligations (obso)

Written on 4 mars 2008 – 11:45 | by admin |

Cette technique, déjà largement en usage sur les marchés étrangers a été introduite en France en décembre 1981 par la Caisse Nationale des Télécommunications, suivie ultérieurement par d’autres émetteurs publics puis des banques.

L’opération consiste à émettre un emprunt à des conditions légèrement inférieures à celles du marché et à donner aux souscripteurs un bon (warrant) lui offrant la possibilité de souscrire, à des dates déterminées et un prix convenu à l’avance, un autre titre, éventuellement assimilable à la première tranche.

La société émettrice y trouve plusieurs avantages: le taux actuariel de la première tranche est un peu inférieur à celui d’une émission classique, ce qui est la contre partie logique de l’avantage conféré au souscripteur par l’attribution d’un warrant. Les frais d’émission de la deuxième tranche sont limités, encore que la commission de placement soit perçue intégralement   ce qui est contesté par certains émetteurs et ne correspond pas aux pratiques étrangères. Enfin, la deuxième tranche n’est pas assujettie à la formalité du calendrier.

Cependant, l’émetteur prend le risque de servir les souscriptions de la deuxième tranche à un taux supérieur aux conditions du marché de l’époque d’exercice, ou, à l’inverse de ne pas pouvoir lever de capitaux.

Pour l’investisseur, la détention du bon offre la possibilité de conserver une position d’attente. Détaché de l’obligation dès sa cotation, le bon est une valeur mobilière dont le cours évolue théoriquement en fonction de l’évolution des taux et des anticipations qui sont faites par les opérateurs.

Si les premières émissions comportaient deux tranches à taux fixe ultérieurement assimilables, l’outil est riche de possibilités car il permet de jumeler des opérations à taux fixe avec des opérations à taux variables, des obligations avec des titres participatifs, etc.
Bien que la distinction soit moins évidente lorsque la deuxième tranche porte sur des titres participatifs, ce produit ne doit pas être confondu avec l’obligation à bons de souscription d’actions, dont l’équilibre des modalités résulte d’une approche différente.

Les bons de souscription qui sont des titres très volatils constituent un élément appréciable pour la gestion dynamique d’un portefeuille obligataire. Cependant leur marché est souvent étroit ce qui limite l’emploi d’un tel véhicule.

Un effet de levier intéressant peut être également obtenu par la technique des Obligations Partiellement Libérées (OPL). Seule une partie de la valeur du titre est payée à l’émission, le solde étant versé plusieurs mois après. Au cours de cette période, les variations de taux ont cependant une incidence sur la totalité du capital de l’obligation, et par conséquent un impact proportionnellement plus important sur son cours. Ce dernier reflète en effet tant la valeur de la partie libérée que la plus value latente éventuelle sur la souscription du solde. Comme   à la différence de l’OBSO   il n’y a qu’une seule ligne de cotation, l’OPL est dotée d’une volatilité moindre que celle d’un warrant pur et simple.

On notera également la formule des Obligations Spéciales à Coupon à Réinvestir (OSCAR), expérimentée en 1986 qui offre aux porteurs la faculté de réemployer leurs coupons en obligations nouvelles assimilées aux titres de base, ce qui permet de supprimer l’incertitude sur le rendement de leur réinvestissement et d’offrir un levier intéressant en période de baisse des taux.

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